Raja-Yoga

 

 

LE YOGA DE PATANJALI ou RAJA-YOGA

 

Patanjali est le premier qui a codifié le Yoga dans un ouvrage (YOGA-SUTRAS) entre le IIème siècle av. J.C. et le IIIème de notre ère.
La voie qu’il propose se compose de huit étapes progressives :

  • YAMA : les disciplines morales ou observances du comportement avec le monde extérieur

  • NIYAMA : les observances ou règles de discipline pour soi

  • ASANAS : les postures ou maîtrise du corps par les postures tenues

  • PRANAYAMA : contrôle, maîtrise du souffle

  • PRATYAHARA : le retrait des sens ou la maîtrise sensorielle et émotionnelle

  • DHARANA : la fixation amenant à la concentration

  • DHYANA : maîtrise de la concentration dans la durée ou état méditatif

  • SAMADHI : totale conscience, contemplation

 

Pour arriver à l’union, il est nécessaire d’essayer d’appliquer les huit étapes décrites dans les YOGA-SUTRAS de Patanjali. Je dis essayer car, dans notre monde occidental, Yama et Niyama sont difficiles, voire même impossibles, à observer dans leur intégralité et Samâdhi reste généralement hors de notre portée, tout au mieux, cependant, nous pouvons nous en approcher.
Les quatre premières étapes sont qualifiées d’externes, leur objectif étant de purifier à la fois le mental et le corps physique.
Les quatre suivantes, elles, sont qualifiées d’internes, leur objectif étant la concentration jusqu’à l’élévation spirituelle.

Yama et Niyama constituent un couple indissociable, ainsi que Asanas et Prânâyâma.

 

YAMA : Réfrènement

Yama, mot qui vient de la racine sanskrite YAM signifiant brider, dompter, tenir en main, se réfère à la maîtrise des impulsions naturelles, inhérentes à tous les êtres vivants.

Les Yamas sont au nombre de cinq :

  • AHIMSÂ (non-violence, non-nuisance) : ne vouloir infliger aucun mal à aucun être vivant

  • SATYA (vérité) accorder ses paroles et ses actes. Ne pas s’écarter de la vérité. Obligation non seulement vis-à-vis d’autrui mais vis-à-vis de soi-même

  • ASTEYA (ne pas voler) : non seulement s’abstenir de s’emparer illégalement des biens d’autrui mais destruction même du désir des biens d’autrui

  • BRAHMACARYA : la continence

  • APARIGRAHA (non-avidité) : non désir de possession, savoir vivre au jour le jour

 

NIYAMA : Observance

Les NIYAMAS visent à l’organisation de la vie intérieure, personnelle de façon à structurer la personnalité profonde.

Ils sont au nombre de cinq :

  • CAUCA (purification) : le yogin a besoin d’un corps harmonieux et pur, qui soit un instrument à la fois sensible et solide

  • SAMTOSHA (étude) : le yogin étudie, pour son propre compte, les textes traditionnels enseignant les différents aspects du Yoga

  • TAPAS (effort sur soi) : le yogin doit avoir la détermination de mobiliser toute son énergie et son attention pour atteindre le but visé

  • SVÂDHYÂYA (contentement) : le yogin doit avoir la capacité de tirer toujours une plénitude de joie de ce qu’il a et de ce qu’il est

  • ICVARA-PRANIDHÂNA (consécration à Dieu) : le yogin dédie tous ses efforts dans la voie du Yoga sans motivation égoïste ou personnelle

 

 

ÂSANAS

YAMAS et NIYAMAS étant intégrés au mieux dans notre vie nous pouvons travailler le corps par les ÂSANAS.

Les Âsanas ou postures sont multiples. Elles mettent fin à l’agitation corporelle et rassemblent les énergies éparses par la concentration sur les parties sollicitées du corps. Quand le corps se place progressivement dans l’Âsana jusqu’à s’identifier et s’unir à celle-ci, elles procurent une sensation de bien-être, de vitalité, de stabilité et un bon maintien du corps.

En dehors de leur utilité, au point de vue mental, elles sont très utiles pour préserver la santé physique car, elles agissent en profondeur sur le plan physique, au niveau musculaire, articulaire, mais aussi au niveau des viscères, des glandes endocrines et du système nerveux.
Les Âsanas procurent souplesse au corps, endurance physique sans causer ni fatigue, ni énervement.
Elles exercent la concentration et elles apportent le calme et une sérénité qui n’exclut pas le dynamisme.

Cependant, la posture doit répondre à deux exigences : être stable et agréable de façon à pouvoir installer le corps dans celle-ci longtemps, sans effort et avec aisance.
Quand l’entraînement dans la posture nous permet de la garder fermement, tout en se sentant à l’aise, alors le but est atteint.

La pratique des Âsanas risquant de perturber la digestion, il est recommandé de pratiquer à jeun sinon, 4 à 5 heures après un repas copieux ou 2 heures après un repas léger.

On distingue deux types de postures :

1 - Les postures reconditionnantes qui ont pour but de remédier aux faiblesses de l’organisme et d’assouplir, d’exercer et d’affermir la colonne vertébrale, axe du corps entier et canal de l’énergie nerveuse, ainsi que de préparer aux secondes.

2 - Les postures méditatives dans lesquelles la colonne vertébrale doit être maintenue parfaitement droite, naturellement et sans effort.

 

 

PRÂNÂYÂMA et PRATHYAHARA

PRÂNÂYÂMA :
Le Prânâyâma issu du mot Prâna désignant l’énergie vitale, cosmique, qui imprègne toutes les choses et chaque être, regroupe divers exercices respiratoires visant à contrôler cette énergie. En réalité, le Prânâyâma est plus qu’un contrôle du souffle respiratoire, c’est le contrôle de l’énergie vitale (Prâna) au moyen de celui-ci.

La respiration est vitale. Car, s’il est possible de se passer de nourriture pendant plusieurs semaines et de boisson pendant seulement quelques jours, se priver totalement d’air serait la mort en quelques minutes.
Respirer, c’est vivre, et avant de se lancer dans des exercices respiratoires compliqués, il nous faut d’abord réapprendre à respirer, en respirant lentement et de façon paisible en donnant la priorité à l’expiration afin de pouvoir ensuite inspirer amplement avec aisance.

Par l’attention portée au souffle, nous nous appliquons d’abord à le rendre régulier avec une grande amplitude, pour ensuite le maîtriser progressivement. Cet effort se justifie par la relation intime existant entre la respiration et les états psychiques.
En effet, la respiration est généralement irrégulière, arythmique, changeante, superficielle et correspond en fait à un état d’esprit fluctuant et dispersé. Mais par l’attention qu’on y porte, la respiration se ralentit, s’amplifie, et grâce à cette corrélation étroite, la maîtrise du souffle conduit directement et immédiatement à la maîtrise de l’esprit.

PRATHYAHARA :
Le souffle maîtrisé, il faut maintenant arriver à se soustraire entièrement du monde extérieur :
c’est le retrait des sens ou la maîtrise sensorielle et émotionnelle, PRATHYAHARA.
Les cinq facultés de perception (son, contact, forme, saveur, odeur), les cinq facultés d’action (parole, préhension, ambulation, excrétion, jouissance) et la faculté mentale (pensée) doivent cesser d’agir. Car nous ne pourrons nous absorber dans la conscience pacifiée du Soi, tant que nous n’aurons pas maîtrisé l’influence éparpillante des sens.

 

DHÂRANÂ, DHYÂNA, SAMÂDHI

DHÂRAN :
Après le retrait des sens, le mental doit trouver sa fixité dans Dhâranâ. La fixation de l’activité mentale sur un point précis est la concentration. On ne peut l’atteindre qu’en demeurant fixer sur un seul point : région du nombril, du cœur, la pointe du nez, d’autres points dans le corps, ou sur la respiration, ou bien sur un objet extérieur.
La concentration est, en fait, l’acte de centrer le mental sur une unique pensée ainsi les divers rayons du mental se rassemblent en foyer sur un seul point. Il n’y a plus ballottement du mental et les sens s’apaisent.
Pendant la concentration, l’esprit devient calme, serein et ferme.
Lorsque l’attention est parfaitement centrée et immobile, DHÂRANÂ est atteint.

DHYÂNA :
Dans la continuité de Dhâranâ, la maîtrise de la durée dans la concentration est Dhyâna, état méditatif. Dhyâna n’est différent de Dhâranâ que par le perfectionnement de celle-ci.
Quand l’attention s’affermit, les innombrables pensées et distractions diminuent en fréquence et en importance laissant, peu à peu, place à la vacuité par laquelle la clairvoyance va s’affiner. C'est DHYÂNA.

SAMÂDHI :
Quand Dhyâna est atteint, l’esprit peut alors se fondre dans SAMÂDHI, état difficile à atteindre, réservé aux plus grands ascètes. La concentration est si parfaite qu’il se produit une sorte de rupture et une autre forme de conscience apparaît : la lumière de la conscience se révèle. Lorsque le yogin atteint cette concentration inébranlable où il perd de vue son identité individuelle, son esprit ne fait plus qu’un avec la nature essentielle de l’objet médité.

Le Samâdhi est l’étape essentielle du Yoga.
Etape si difficile, voire même impossible à atteindre pour nous, simples occidentaux, et sur laquelle nous devons travailler constamment avec toute l’humilité que cela sous-entend.

 
 

Article Dany Loriole-Martin enseignante de Yoga
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